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La route était superbe, l'air serein, l'été célébrait dans la fraîcheur du matin, quelques nuages galopaient sur fond bleu, et moi je pouvais dire que j'étais heureux
À l'aube de mes 50 ans, en chemin vers l'église d'un petit village des Cantons de l'Est je me complaisais, il faut dire, dans l'emprise de ce sentiment qui me laissait en liesse
Dans quelques heures je serais de nouveau marié, après avoir chercher en vain toutes ces années je pouvais dire adieu à la vie en solitaire et enfin dans le bonheur me complaire
J'avais vraiment une chance de plus, elle faisait partie de mon vécu, cette femme avec qui je partageais l'amour, la dernière année s'étirait toujours
Mes enfants endossaient mon bonheur, sur les visages se lisaient la joie, et dont je retrouverais la chaleur amis et parenté, tous à la fois
À vive allure les autos défilaient, l'une après l'autre les courbes se dessinaient jusqu'à ce que le petit bolide blanc se faufile, l'espace d'un instant
Le jeune chauffeur souriait de toutes ses dents, ça semblait la fête pour les quatres occupants insouciants d'être du mauvais côtés de la route multipliant avec force les "pout pout"
À quelques secondes près, appuyant sur le champignon, surgissant de la courbe se présenta le camion mastodonte venant de nulle part, rugissant et figeant le tout dans le moment présent
En une fraction de seconde, dans un immense brasier des milliers d'images ont défilé, des vies se sont arrêtées, mon âme sur la route de l'éternité...
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