Les premières lueurs du matin froid
allongeaient les ombres sur la toundra,
les lambeaux de brume, un peu à l'étroit,
se dissociaient du sol encore une fois.

 

De gros nuages, teintés de gris foncé
s'accrochaient sur les hauteurs
des montagnes longeant le paysage enchanté,
sans le sortir de sa torpeur.
 

La longue rivière, sinueuse, aux eaux argentées,
se prélassait aux pieds de ces montagnes,
donnant libre cours à sa majestuosité,
s'imposant dans la sauvage campagne.
 

Un aigle en survolait, à vol plané
les berges bordées, en rang serrés
par les épinettes du Nord, bien rangées,
qui montaient la garde comme une armée.

 

Un renard, en quête d'un déjeuner,
détourna les oreilles, s'arrêtant net
figé par le sol qui se mit à vibrer,
faisant trembler toutes les épinettes.

 

Le roulement de tonnerre envahissait la vallée,
bientôt couverte par des milliers de caribous,
remontant vers le nord dans un troupeau bien tassé,
mâles, femelles et jeunes de l'année, ils étaient partout.

 

Sur leur chemin, point de détour à la rivière,
ils faisaient ce parcours depuis des années
et s'arrêtaient seulement pour grignoter
ça et là, plantes et lichen vert.

Plusieurs avaient déjà traverser le lit,
et regagnaient l'autre berge pour prendre un repos,
ou carrément reprenaient le voyage sans répit,
après s'être essorés quelque peu la peau.

Après quelques heures, s'estompa le troupeau
et revint le calme de la Rivière aux Caribous,
les habitants des lieux reprirent leur tableau,
se préparant pour l'hiver du grand Manitou...

par Bootson 14-08-2007
 

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