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Il y avait là
plusieurs figures connues, regroupées dans un grand jardin.
Je connaissais bien tout ce monde qui paraissait préoccupé
par un grand échafaud monté devant ce vieil édifice. Les
regards se dirigeaient tous vers les rebords du toit où
j'aperçu à mon tour le gros chat noir, tapis sur la
couverture. Il battait de la queue entre deux miaulements.
"Qu'est-ce qui se
passe?", demandai-je à Marcel, curieux.
"Y'a que ce satané
chat est monté là-haut, Dieu sait comment, et qu'il ne peut
plus redescendre."
"Pourquoi personne
ne va le chercher, alors ?"
Il se retourna
vivement, éberlué.
"Personne n'est
assez fou pour monter dans ce vieil échafaud," dit-il. "Il y
est monté, qu'il se débrouille!"
Je le regardai
longuement, plutôt incrédule.
"Aidez moi"
lançai-je d'une voix forte au groupe, "surveillez bien la
base pendant que je grimpe."
Malgré
l'étonnement général, ils s'avancèrent.
Un peu craintif,
je débutai l'ascension qui devait me mener à environ
quarante pieds dans les airs. J'avais déjà vu plus solide
mais enfin...
La progression se
faisait constante. Encore quelques pieds et le tour serait
joué. En reprenant mon souffle, je jetai un coup d'oeil en
bas.
Désert.
Plus personne.
Ils avaient tous
regagné leur petit pique-nique, un peu plus loin. Mon sang
ne fit qu'un tour avant de se mettre à bouillir et à me
tambouriner les tempes. Je n'en croyais pas mes yeux, la
colère grondait maintenant du fond de mon être.
Inévitablement, dans ma surexcitation, la prudence s'estompa
quelque peu et dès les premiers mouvements, l'échafaudage se
mit à chambranler. Avant même d'ouvrir la bouche, la
réaction en chaîne eut comme résultat l'écroulement dans un
fracas terrible, de cet amas de bois et de ferraille. Je fus
reçu dans les bras d'un bosquet de génévriers et dans un
nuage de poussière je réussis, non sans peine, à me relever.
Je marchai dans la
direction du groupe et m'arrêtai à la hauteur de Marcel, qui
se leva lentement.
Sans dire un mot,
je lançai de toutes mes forces sur sa chaise un coup de
pieds qui la fit voler...
À cet instant,
j'ouvris les yeux. À mon grand étonnement, je venais de
catapulter au pied du lit mon tas de couvertures.
J'entrepris donc de les replacer, et bien sûr, je...
Rrrr...Rrrron...ZZZZ...Rrrr...
Bootson
29-10-2006

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